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Propiare Conseil lance un concours de photos insolites pour le magazine « Sécurité Routière »

Edité par l’agence de relations presse Propiare Conseil, le magazine « Sécurité Routière », dont la prochaine parution est prévue pour le 15 mars prochain, s’offre un relookage complet et une nouvelle version qui fait la part belle aux informations concernant le monde de l’automobile en Tunisie et qui prévoit de traiter des sujets inédits.

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Accueil arrow Bonus arrow Rencontres arrow Bochra Khalil : L’avocate de Saddam Hussein en Tunisie
Bochra Khalil : L’avocate de Saddam Hussein en Tunisie PDF Print E-mail
Wednesday, 25 April 2007

ImageTrès médiatisée durant la période du procès de Saddam Hussein, Bochra Khalil, avocate de l’ancien président irakien s’était entre autres faite remarquer en se faisant expulser du tribunal au cours de l’une des audiences parce qu’elle y avait brandi une photographie représentant des Irakiens torturés par les Américains dans la prison d'Abou Ghraib.
La bouillonnante libanaise était de passage en Tunisie dans le cadre d’un séminaire consacré aux droits de la défense et organisé par la Section de Sousse de l’Ordre des avocats. Rencontre avec une femme d’exception…
Entretien mené par Senda Baccar...

Ce n’est pas la première fois que vous venez en Tunisie. Dans quel cadre y êtes-vous invitée ?
Déjà, l’été dernier, j’étais de passage dans votre pays et j’avais participé à des meetings populaires pour y raconter mon expérience en ma qualité d’avocate de Saddam Hussein. J’avais été surprise de l’affluence, malgré la chaleur du mois de juillet… D’habitude, les réunions se vident au fur et à mesure. Là, c’était le contraire. Plus la réunion avançait, plus la salle se remplissait. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné. Pour finir, je suis restée plus de deux heures et trente minutes dans cette salle. Malheureusement, ce voyage a été interrompu de manière brutale par la guerre dans mon pays, le Liban. J’ai dû rentrer afin de m’occuper d ma famille, ce d’autant que j’habite une région sensible, située non loin de l’aéroport.

Donc, vous craignez quand même un peu pour votre vie… En acceptant de défendre, gratuitement de surcroît, Saddam Hussein, n’avez-vous pas craint de vous attirer les foudres de ses ennemis ?
J’ai fait l’objet de nombreuses menaces de mort, orales et écrites. Mais je n’en ai pas tenu compte bien que les services de renseignement de mon pays aient pris ces menaces plus au sérieux. C’est pour suivre leurs directives que je me suis réfugiée en Syrie, afin de me protéger et surtout de protéger ma famille. On craignait que les milices Badr chiites, bras armé du Conseil supérieur de la Révolution islamique en Irak, profitent de la pagaille qui régnait au Liban pour mettre à exécution ces menaces.

Donc, après ce voyage en Tunisie, c’est depuis la Syrie que vous rendiez visite au Raïs ?
Tout à fait. Ma première visite à Saddam Hussein, après le voyage en Tunisie, remonte au 27 juillet. Nos premiers échanges ont porté sur l’accueil que le peuple tunisien m’avait réservé. Je lui ai raconté des anecdotes, notamment tous ces gens qui me montraient leurs portables avec des cover à son effigie, où dont la page d’accueil le représentait. Ses yeux brillaient de joie quand je lui racontai cela. Il en était ému et m’a confirmé pour sa part la haute estime qu’il avait pour les tunisiens, qu’il a qualifiés alors de «purs», et de «très sensibles à la cause arabe». Les réactions à mon encontre ne l’ont en ce sens pas étonné. D’ailleurs, cela ne faisait que le conforter dans l’idée que le véritable jugement viendrait du peuple et non des juges du tribunal. Pour lui, la résistance appartenait au peuple irakien et n’était pas liée à sa personne.

Quelle impression gardez-vous de lui ? Parlez-nous un peu de l’homme qu’il était…
Il avait 69 ans, un long parcours derrière lui et une personnalité peu ordinaire. Pourtant, c’est avec beaucoup de dignité qu’il est allé vers son destin. Vous savez, le jour de l’annonce de sa condamnation à mort, il n’y a eu aucune manifestation. J’en ai ressenti beaucoup de colère et d’amertume. Contre toute attente, lui n’a rien manifesté de tel. Au contraire, il m’a fait part de sa compréhension et a trouvé des excuses aux gens.

Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?
C’était le 2 octobre 2006. Nous avons discuté de politique, en particulier de la guerre au Liban et de l’impact qu’elle aurait sur la politique en Israël. Il m’a dit des choses très justes sur le Hezbollah et Nasrallah dont il a qualifié la victoire de stratégique pour l’avenir. Il gardait les mêmes idées, la même foi en la politique qui avait toujours conduit ses actes.

Ainsi, vous n’avez donc pas assisté à son exécution ?
Quelques semaines avant l’exécution, les autorités américaines ont pris la décision de m’empêcher de rencontrer Saddam Hussein. J’étais la seule des avocats à faire l’objet d’une telle mesure. Je pense que cette mesure a été prise parce que j’étais en contact avec les partisans du Président irakien. Je lui apportai plusieurs informations de l’extérieur. Il n’avait pas accès à celles-ci autrement. Il vivait dans une pièce minuscule, une cellule de 3 mètres sur 3, sans télé, sans radio sauf un poste qui diffusait à longueur de temps des tubes de starlettes comme Nancy Ajram… Une vraie torture psychologique pour un homme de son envergure. C’était une manière d’exercer une pression psychologique sur lui, de l’affaiblir et de l’isoler. Il recevait les journaux, dont certains articles étaient censurés, avec plusieurs jours de retard. Même ses promenades étaient tronquées, il était autorisé à se dégourdir dans une petite cour de 9 mètres sur 5 et dont on avait couvert l’ouverture d’un tissu épais afin qu’il n’ait même pas le plaisir d’apercevoir le ciel ou le soleil !
Dans ce contexte, ma présence dérangeait parce que je lui donnai au contraire du courage en lui apportant des nouvelles de l’extérieur.

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de l’exécution de la sentence ?
Ce jour est à marquer d’une pierre noire. J’ai déjà perdu mon père mais l’atrocité de la pendaison de Saddam a été pire que le jour du décès de mon père. Rapidement, je me suis présentée sur Al Jazira afin de présenter mes condoléances à tous les peuples arabes. Puis j’ai vu l’horrible film de la pendaison. J’ai observé et j’ai reconnu chacun de ses gestes… la manière dont il aidait ses bourreaux à lui passer la corde au cou, de repousser le tissu,… son regard, fort et tolérant. Il ne les regardait pas comme des ennemis…

Qu’avez-vous pensé des personnes qui l’ont insulté avant sa mort ?
Ils étaient animés par un esprit de vengeance. Ils sont méprisables…

En conclusion, cette affaire a dû bel et bien marquer votre vie professionnelle…
Et comment… Celle-ci en a même été bouleversée ! Je ressens plus que jamais que le métier d’avocat est une mission et pas seulement un métier qui nous fait vivre. Aujourd’hui, j’ai décidé de me battre pour des causes, comme l’abolition de la peine de mort…


Paru dans le magazine Femmes & Réalités - avril07

 





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