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Après trois jours intenses à suivre l'animateur en Tunisie, et après avoir vu trois fois son spectacle (normal puisque j'étais son attachée de presse sur l'événement !), j'ai écrit cet article qui a été publié en couverture du magazine Femmes & Réalités, en avril 2007. Non, ce n’est pas tout à fait vrai. Le Roi Arthur n’est pas mort. On va dire qu’il est en hibernation, qu’il fait un petit dodo, «pareil que» celui de La Belle au bois dormant. Sauf que, dans la vraie vie, le temps ne suspends pas son vol et même si l’on arrivait, comme lui, à vivre à 200 à l’heure en permanence, à tout faire à la fois, animateur radio et télé, patron de la première boîte de production française, il y aussi un temps qu’il faut «sacrifier» à d’autres rêves. Ce n’est pas évident… A 40 ans, on fait certainement le point sur sa vie. Ce que l’on voulait être et ce que l’on est devenu, ce que l’on n’est pas encore et que l’on peut encore devenir… C’est aussi le temps de renoncer avec sérénité à nos rêves d’ados. Pas Arthur ! Non, lui n’est décidément pas comme tout le monde et pas seulement parce qu’il a épousé Estelle Lefébure. Ca, on l’avait bien compris…
C’est ainsi qu’à 40 ans, alors qu’il n’a plus rien à prouver, à part peut-être à lui-même (mais qui l’aurait su), il décide de ne pas vieillir dans les regrets de ces rêves d’ado. Lui qui a toujours fait rire veut frapper un grand coup même s’il n’est sûr de rien, bien au contraire. L’animateur autoproclamé le plus «con de la bande FM», le ringard hilarant de «L’émission impossible», celui qui a réveillé la France entière pendant des années sans jamais se tromper, sans jamais faire le moindre faux pas, sans commettre une erreur. Un exploit quand on gère une quotidienne en direct sur l’une des radios les plus écoutées de France, avec une bande de doux dingues capables de tout! Celui-là même qui a été consacré par «Les enfants de la Télé» puis «La Fureur» et qui, en homme d’affaire avisé, est devenu producteur de ses propres émissions, pour finir Vice-Président d’Endemol France dont il a vendu ses parts à la fin de l’année dernière et, accessoirement, multimillionnaire. Celui qui a introduit pour la première fois, comme il se plaît à le rappeler, le «massage» télévisé, dont ont bénéficié les candidates de «A prendre ou à laisser», l’émission de jeu qu’il animait sur TF1. L’auteur, on l’oublie parfois, des «Ta mère» et «Ta sœur»… y compris le spécial compil «Un demi-kilo de ta mère» qui traîne dans toutes les bonnes bibliothèques, en tout cas la mienne: «ta mère est tellement plate qu’on pourrait la faxer », «ton père il est si petit que même de près il a l’air loin», «ta sœur est tellement grosse que la marque de ses slips c’est pas Petit Bateau mais Gros Paquebot….» Justement, la famille, ça lui donne l’occasion de nous faire rire mais ça lui tient aussi à cœur, au petit Jacques, ce grand enfant qui ne grandira jamais. Il a des choses à dire à sa maman, à son papa, à sa femme mais aussi à toutes les mamans, les papas, les couples du monde… Ces «choses», il les a mises en forme, les a écrites pour ce spectacle où il a pris tous les risques, montrant avant tout à quel point il aimait son public. «Arthur en vrai», un stand up tordant est alors né de l’esprit mordant et surtout observateur de l’animateur. Un spectacle dont il a écrit, encouragé par son ami Gad El Maleh, marocain comme lui, tous les textes mis en scène ensuite par Isabelle Nanty, à la fois scénariste, grande sœur, professeur, coach, psy, sa sage-femme aussi, bref celle qui a endossé toutes les casquettes pour aider Arthur redevenu Jacques (son vrai prénom) à réaliser son rêve et à se propulser sur scène… seul. Seul! Pour la première fois, Arthur n’a ni prompteur, ni sa petite bande de copains, ni oreillette, ni candidats autour de lui. Cette fois, ils sont faces à lui. En Tunisie, mille deux cent spectateurs pour voir «Arthur en vrai» dont ils ont appris la venue à travers La Presse Magazine, il y a deux semaines. La salle grouille de monde. Ils sont tous là, ceux qui aiment déjà l’homme de la télé et ceux qui les accompagnent, comme ça, juste pour voir. Même s’ils sont sceptiques, ils sont venus parce que Arthur, ma foi, qu’on le veuille ou non, fait l’unanimité (à part le torchon «Voici» et les Guignols qui sont fâchés parce qu’ils n’ont pas eu d’invitations pour la première en France). Ils sont donc là. C’est vrai qu’ils doutent un peu, au fond, que leur idole tienne le coup, les fasse rire autant, voire «mieux», que derrière le petit écran, tout le long de cette heure et demi de spectacle dont ils ont déjà eu un avant-goût grâce aux quelques extraits passés à la télé ou encore lors de la tardive diffusion de l’émission que TF1 à consacré à son spectacle. Mais ce n’est pas grave, voir Arthur «en vrai», c’est le cas de le dire, vaut déjà le déplacement de ses fans. Alors que l’intensité de la lumière diminue avant de s’éteindre complètement, la voix off préenregistrée, un peu métallique, vient d’annoncer le début du spectacle mais aussi la couleur : «n’oubliez pas de rallumer votre portable à la fin du spectacle». L’allusion est claire. Passé le flou de la surprise, premiers sourires… Dans le noir, il est seul, il revient à lui, à la source originelle. Puis les projecteurs s’allument. «Je suis là, ce soir, avec vous, et je suis très content: pour une fois, vous ne pouvez pas me zapper». La salle éclate de rire, à l’unisson. Le public tunisien, bon enfant certes mais assez difficile est déjà conquis. Arthur le sent immédiatement. Ses dernières appréhensions s’envolent dans la fumée qui l’entoure. C’est parti pour une heure trente d’un one man show bien huilé, joué déjà plus de 200 fois en Europe et aux Etats-Unis. Aucune relâche, pas de lourdeur. Arthur n’est pas seulement un homme de scène, il est un véritable comique qui tourne tout en dérision, même les situations les plus irréelles… En arrivant à l’aéroport de Tunis Carthage, il est frappé par la première image qu’il voit de notre pays. Une sorte d’extra-terrestre, nous raconte-t-il, avec de grandes oreilles bleues. «J’ai cru avoir atterri sur Pluton. Du tout, m’ont expliqué les organisateurs venus m’accueillir, c’est notre Monsieur Environnement, comment il s’appelle déjà, Labib!». Il continuera ainsi jusqu’au bout de son rêve, jusqu’à sa conclusion que je ne peux m’empêcher de livrer à ceux qui n’ont pas eu la chance de le voir pendant ces trois représentations (dont une ajoutée in extremis après que les billets des deux prévues initialement se soient vendus en à peine deux heures) jouées à guichets fermées : « Il était une fois, un papa qui rêvait de devenir un papillon, parce que tu sais, chéri, le papillon, il a trois vies, trois chances. Ma première vie, j'ai été chenille, j'étais bien chez mes parents. Puis j'ai grandi et je suis rentré dans ma deuxième chance, ma deuxième vie, je suis devenu chrysalide, la chance m'a souri. Aujourd'hui, grâce à la télévision et la radio, je vis dans un cocon. J'aurais pu en rester là, mon ange. Pourtant, pour toi et grâce à tout ces gens qui sont dans cette salle ce soir, je crois que je suis rentré dans ma troisième chance, ma troisième vie, celle du papillon, du papillon qui prend son envol, et tant pis, tant pis si je me brûle les ailes…» Arthur est là debout dans la lumière qui transperce son corps, les bras levés vers le ciel comme pour le remercier de lui avoir tout donné. Puis il se penche, livré à ce public qu’il ne connaissait pas mais avec qui, il le sait, le courant est parfaitement passé. Les mains battent à tout rompre. La salle se lève … Ceux des premiers rangs, qu’il a d’entrée de jeu surnommés les «vayassas», conquis aussi. Mais non Arthur, ce ne sont pas tes ailes qui brûlent, mais nos yeux. Car après une heure trente de rire, pour nous dire combien ce spectacle toujours drôle t’avait coûté, combien il est celui de ta vraie vie, du vrai Jacques, celui que tu as fait renaître pour nous, tu t’es permis, une dernière fois, de nous toucher plus fort avant de t’envoler… Senda Baccar xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Arthur, en vrai… mais après ? Le public tunisien a eu de la chance d'assister au spectacle d'Arthur en Tunisie avant l’été 2007, date qui marquera la fin des représentations du one man show de l’artiste. Sa rentrée automnale sera marquée toutefois par son retour sur scène, mais dans un autre registre. En effet, après casting, Francis Veber, qui remonte « Le Dîner de cons », a offert à Arthur le rôle de Thierry Lhermitte au cinéma. A ses côtés, son ami Dany Boon dans le rôle de François Pignon. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Dans les coulisses Arthur, on le sait, est une méga star qui fait régulièrement la Une des grands magazines français, Paris Match, VSD, Télé Loisirs, etc. Malgré tout, en coulisses, c’est un homme simple, plein d’humour bien sûr, mais qui n’a pas d’exigence de star, ne fait pas de caprices. Dans la minuscule loge qui lui a été réservée au Théâtre Municipal (à ce sujet, un effort est à faire mais on reparlera plus tard, entre nous), une assiette de fruits et du thé glacé. Il aime se reposer, sa sieste est sacrée (même si, dans son spectacle, on apprend qu’elle est tout sauf coquine). Ses seules exigences sont techniques. Il a l’œil à tout… avant d’entrer sur scène «même au scotch»... Paru dans le magazine Femmes & Réalités - avril07 |